Terre ma terre !

Publié le par tristesse

Le soleil s'est allié à une douceur printanière pour me pousser à l'heure de sortie des bureaux, non pas vers les transports en communs, mais plutôt dans les rues de Versailles car je veux profiter pleinement de cette fin de journée qui sourit.

Mes pas me poussent vers rive gauche puis vers le quartier St Louis et sa belle paroisse. Ils m'entraînent presque à mon insu sur la route de St Cyr, bordée d'un côté par la pièce d'eau des suisses, de l'autre par les majestueux escaliers des jardins du château de Versailles.

La route est belle, je suis heureuse de cette escapade imprévue.

Mon corps tout engourdi des derniers froids, fait le plein de chaleur et de lumière dorée.

Je flâne, toute à mon bonheur, sans me soucier du temps qui passe et des kilomètres enlevés. 

-"Encore ce virage, me dis-je et je rentre".

Un virage de trop qui me fait passer du rêve agréable au cauchemar.

IL y a encore quelques minutes, tout était beau, propre, soigné, cultivé avec soin, nettoyé,  puis au détour du chemin, il y a ça....

Une large route à quatre voies route a avalé tout ce qu'il y avait de beau dans le paysage, un ruban bitumineux meurtrier et malsain qui gangrène la nature et empoisonne l'environnement.

Une longue ligne de véhicules a remplacé la forêt et leur dioxyde de carbone bouffe mon oxygène.

Les jardins royaux ont fait place aux décharges sauvages qui défigurent les bords de routes.

Un bidonville est né de pauvres gens à la rue. La vue de cette favela française me plonge dans une tristesse sans nom.

Cà et là d'anciens ruisselets ruissellent d'immondices.

Les quelques espaces herbeux résiduels sont chargés de tous les détritus imaginables jetés par des automobilistes inconséquents, par les jenfoutistes et les beaufs de toutes naissances.

Ici, le maître mot c'est :  pollution.

Qu'elle soit olfactive, visuelle, sonore, aérienne, terrienne, souterraine, aquatique, elle règne et jusque dans mon esprit, y inscrit son infamie.

A croire que les territoires qui bordent les routes sont des no mans land dont la seule utilité est de contenir les rebus de notre société.

 

Je suis rentrée perplexe et déprimée.

Je ne sais que penser

Je ne sais que dire

Je ne sais comment réagir

 

La triste réalité reformate mon cerveau  pendant que les pensées noires fusent.

La race humaine est en train de se suicider. Elle s'étouffe toute seule et suffoque dans ses déchets qu'elle refuse d'apprendre à maîtriser parce que qu'elle a fait le pari de mourir vite et se moque donc royalement de ce qu'il adviendra des générations futures.

Malheureusement, les déchets toxiques avec lesquels nous imbibons notre planète du sous-sol au plafond, risquent de ne pas nous tuer suffisamment vite, mais plutôt de nous voir nous transformer peu à peu en monstres avant que ne nous éteindre totalement.

Ou alors un abruti s'amusera à appuyer sur le bouton "guerre nucléaire", mettant en branle une machine infernale dont les rouages nous projetterons tous les uns contre les autres dans un feu d'artifice exterminateur.

 

Je t'aime Terre.

Je te présente mes excuses les plus sincères et les plus profondes pour tout le mal que te fait mon peuple.

Je voudrais vraiment faire quelque chose pour toi, pour nous pauvres idiots ignorants.

Je souffre de ce que je vois, je pleure de ce que nous faisons de toi.

Je m'en veux de ne pas savoir quoi faire, ni comment faire pour changer quelque chose à cela.

Et je me demande s'il n'est pas déjà trop tard.

Si nous n'avons pas déjà dépassé le stade d'empoisonnement massif, le non-retour.

 

Tu es notre vaisseau spatial, notre unique moyen de survie dans cet univers infini

Puisses-tu encore longtemps nous protéger de nous même, Mère

Assez longtemps pour que nous prenions enfin conscience de ta valeur

Assez longtemps pour trouver des remèdes aux maux que nous t'avons créés

Assez longtemps pour que nous puissions t'aimer autant que tu nous as aimé

Ceci est ma prière

Publié dans Terminus

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