Quand la souffrance devient une habitude

Publié le par tristesse

C'est un chemin que je connais fort bien et je peux retourner les yeux fermés sur les traces de ce sentiment si puissant qu'il anesthésie toute autre émotion.

C'est une drogue dans laquelle je nage comme un poisson.

C'est mon deuxième chez moi, une sorte de quartier d'hiver que je réintègre régulièrement.

Et si je me débat de toutes mes forces pour ne pas prendre sa direction, une fois dans l'escalator qui me conduit en elle,  je me laisse couler avec délectation en son sein, prise dans un cocon ouaté amnésique reposant.

Sa présence occulte tout.

En elle, la vie, la mort, la vieillesse deviennent des concepts désagrégés, obsolètes.

En elle, la réalité est comme un rideau de fumée.

La peur du vide n'existe pas puisque l'on est déjà tout en bas.

On ne peut rien perdre puisque l'on ne possède rien.

La souffrance est le refuge de ceux qui ont peur de vivre.

Finalement, la souffrance, voyant que je ne me débat pas, ne trouve aucun ntérêt à ma présence et se glisse silencieusement hors de moi.

Alors je me réveille au petit matin et elle a disparue, me laissant à nouveau seule avec mon ego et la valse des peurs, des tracas quotidien, des espoirs et des chagrins.

 

photo prise sur :

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