Le Dormeur du val (Arthur Rimbaud)

Publié le par tristesse

 

Pourquoi cette poésie aujourd'hui

 

Je n'en sais strictement rien

Je me suis réveillée avec elle ce matin

Et la douce voix de Reggiani

 

C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent; où le soleil de la montagne fière,
Luit; C'est un petit val qui mousse de rayons.

 

Un soldat jeune bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pale dans son lit vert où la lumière pleut.

 

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme:
Nature, berce-le chaudement: il a froid.

 

Les parfums ne font plus frissonner sa narine;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au coté droit.

 

serge-reggiani-dormeur-val_m5yr_13kgw.jpg

Publié dans Poésies

Commenter cet article