La peur de mourir

Publié le par tristesse

Oui, j'ai peur de mourir !

Et toutes mes activités n'existent que pour taire cette frayeur latente ou tenter de retarder  l'heure de la déchéance.

Mais ne pas se confronter à ses peurs, revient à leur donner du pouvoir...

Beaucoup trop de pouvoir...

Au point que j'ai davantage peur de la peur de mourir que de mourir en soi. 

Et comme chaque jour qui passe voit naître un nouveau moyen de masquer cette trouille ou de l'ignorer, chaque jour voit augmenter cette angoisse et le pouvoir qu'elle détient sur moi.

 

Lorsque j'étais jeune, j'ai fait tout plein de trucs débiles pour oublier la mort, au point même de mettre ma vie en jeu. J'imagine que la cotoyer et en sortir vivante devait me procurer un sentiment d'invulnérabilité, d'immortalité.

J'ai même cohabité pendant 25 ans avec une hyène qui passait son temps à se limer les crocs sur moi (voir le texte précédent sur la meute :)), jusqu'à ce qu'un jour, l'envie me prenne d'aimer la vie et de la vivre pleinement au lieu d'essayer de prendre les devants de la mort pour lui prouver ma supériorité.

 

Je me suis donc libérée du méchant personnage, bien décidée à profiter de l'instant présent, libre de toute peur, libre de toute contrainte, libre ! Libre ! 

...Et j'ai plongé à pic dans la solitude qui m'a déposé directement aux pieds de la peur de mourir...

 

Rien n'avait changé finalement, j'étais juste revenue à mon point de départ avec quelques rides et quelques kilos en plus.

IL m'a fallu plusieurs mois avant de mettre un nom sur le malaise qui assombrissait mon esprit et noircissait mon coeur...

Je pensais craindre la solitude, la distance qui me séparait de mes habitudes, de mon passé.

Je pensais avoir peur de ne pas m'en sortir toute seule moralement et financièrement, peur de me perdre, de ne pas pouvoir reconstruire ma vie, de ne pas trouver l'amour...

Dans ce monde, il y a mille et une raison de flipper !

Mais cette multitude d'angoisses ne sert qu'à masquer la véritable peur, celle que l'on finira un jour par ne plus vouloir nommer : la peur de mourir.

Je sentais quelque part en moi, la vérité s'installer peu à peu.

Mais je refusais encore de l'affronter. Je n'étais pas prête....

Alors,  pour continuer à alimenter un flou artistique dans lequel la mort n'est qu'une fin hypothétique et non une réalité, j'ai du augmenter mes doses d'activités : travail, sports, bénévolat, écriture, chant, crochet, lecture, spiritualité, cinéma, paranormal, sorties diverses et variées, amours divers et variés :D, et même frénésie de consommation...Je suis devenue fan du lèche-vitrine et bien pire, fan de j'achète-à-crédit-même-si-je-n'ai-pas-un-copec, rentrant de plein fouet dans une société de consommation que j'avais toujours méprisé. 

 

Aujourd'hui, prenant conscience de ce fonctionnement à voie sans issu, comprenant mon vague à l'âme, posant des mots sur mes inquiétudes sous-jacentes, je sens remonter du fond du panier à linges où elle était cachée, mon amie la sérénité .

Aujourd'hui, je pose une nouvelle base de pensées et d'actions à venir. Je sais désormais que conjuguer le verbe avoir à tous les temps ne dissous la peur de mourir, elle ne fait que la recouvrir.

Aujourd'hui, me voici libérée du vouloir-encore-et-toujours, des achats compulsifs, de "l'hyper activitisme" (ne cherchez pas, ce mot n'existe pas), de la quête du pouvoir et de tout ce qui dissimule l'être conscient de sa finitude.

 

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Ce texte n'implique pas que je n'aime pas vivre ou même que j'ai envie de mourir, loin s'en faut !

J'adore la vie sous toutes ses formes et je la respecte.

J'aime quand les rires de enfants coulent comme des cascades et emplissent l'air de joie

J'aime quand des mots de paix et d'amour écartent les nuages de la peur et de la souffrance

 

J'aime, j'aime voir les roses...Ah non, c'est pas de moi ça smilie-qui-rougit-.-les-yeux-b82bdc.gif

 

Bref, tout ça pour vous dire qu'avoir peur de la mort n'implique pas d'avoir peur de vivre !

Et je crois en ça

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= infini

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